Cette lettre, je l’écris un peu à mon moi d’il y a quelques années, à celle qui était paniquée à l’idée de voyager seule sur notre planète. Je l’écris aussi à celles ou à ceux qui hésitent, qui naviguent sur les sites de voyages ou sur les blogs, à la recherche de ce moment où l’envie surpassera la crainte de voyager en solo.  A la recherche de ce moment un peu décisif, qui changera qui tu es mais aussi la vision que tu portes sur le monde.

J’aurais aimé trouver ce genre d’articles quand je ne savais pas encore si je souhaitais vraiment voyager, si l’envie de découvrir était ancrée en moi, ou si j’avais juste envie de soleil (ou de montagnes, je ne suis pas fermée sur la question hein). Pour savoir si c’était une envie de vacances, ou quelque chose de plus profond. Parce que dans ma tête, je différencie les touristes des voyageurs et en particulier des voyageurs solo. (Je ne fais aucune hiérarchie, j’ai été dans ces trois situations qui comportent leurs avantages comme leurs inconvénients !). Mais on doit se l’avouer, partir en solo avec juste ton sac à dos pour maison, ne procure pas les mêmes émotions que quand on pars avec toute sa famille pour 2 semaines. L’excitation semble décuplée, la peur aussi me diras-tu. Et est-ce que la magie du voyage solo ne serait pas là ? Dans cette sensation, presque indéfinissable, qui mélange peur, excitation, envie et découvertes ?

À toi qui à peur de franchir le pas, à toi qui doute, à toi qui à l’impression d’être égoïste, à toi qui ne sait comment tu vas faire tenir ta vie dans 50L, à toi pour qui les aux revoirs sont déchirants, je t’écris ces quelques lignes…

Je suis une petite voyageuse, dont les rêves sont plus grands que sa crainte. J’ai du franchir le pas du voyage solo, parce que c’était ça ou ne pas avoir mon diplôme (pour valider mon master 2 je devais faire une expérience à l’étranger, c’est le jeu ma pauvre Lucette ! ). Tu n’as peut être pas cette opportunité, mais si tu es ici, c’est que l’amour du voyage t’anime et que la graine de l’aventure à été planté en toi.

Alors je sais que ça peut paraître bête, mais le conseil que j’ai à te donner c’est d’écouter cette petite voix en toi, celle qui te murmure que l’aventure à l’air magique, que tu vas rencontrer un tas de gens et que tu reviendras avec un œil différent sur le monde mais surtout sur toi même. Si tu penses ça, alors prends ton temps, planifie mais ne perds jamais de vue ton envie de voyage. Tu ne partiras peut être pas cette année, ni celle d’après, mais garde en tête que cette envie tu l’as eu et très fort. Choisi le moment pour franchir le pas, par envie ou par choix, afin de vivre cette aventure de la meilleure façon qu’il soit.

Je sais que pour le moment, ce sont tes doutes et tes inquiétudes qui priment « Est-ce que je vais pouvoir me débrouiller en anglais/italien/tout autre langue ? »; « Est-ce que je vais me faire des amis ? » ; « Est-ce que je vais m’ennuyer ? » ; « Est-ce que je vais pouvoir rester seul(e) dans un pays si longtemps ? »,… et tant d’autres… Je sais ô combien il est dur de faire taire ces petites voix, de ne pas écouter la société qui te dis que voyager pendant un an n’est pas normal, encore moins seul(e), encore moins quand tu es une fille,… Je sais ô combien l’achat du billet d’avion est stressant, et ô combien à ce moment tout devient si réel. Je sais aussi que le compte à rebours approche, que les nuits deviennent de plus en plus courtes, les journées sont agitées aussi, que ton sac est refait sans cesse pour être sur(e) que tu as bien tout et que le stress ne te quitte plus. Puis viens l’angoisse, la tristesse, la culpabilité de laisser tes proches, mais cette envie reste encore et toujours.

J’ai eu envie de m’écrire à moi même, à mon moi qui est partie en Italie les yeux emplis de larmes et le coeur lourd, à celle qui a pleuré pendant 2 jours avant de se rendre compte de la chance qu’elle avait. Marine (ouep c’est mon vrai prénom, on devient intime là ! ), cet erasmus est le début de nombreuses aventures, de nombreux voyages, de rires, de joies et d’amours profonds. Le début de la personne que tu es devenue, qui est loin d’être parfaite mais qui sait un peu mieux qui elle est. Qui en sait un peu plus sur ses valeurs, sur ce qu’elle veut faire, sur ce qu’elle veut être et qui n’a pas finie d’apprendre. 

 

Alors à toi Marine, et à tous les autres voyageurs :

Je suis heureuse que tu ai suivi cette petite voix, parce que tu l’aurais regretté si fort de ne pas l’avoir fait dans quelques années… Je suis aussi fière, très fière. Fière d’avoir affronter mes peurs, mes angoisses, pour devenir une meilleure personne pour moi même mais aussi pour les autres. Jamais la petite fille de 8 ans à la chambre dauphins, n’aurait imaginé en voir des vrais au large de Bali. Jamais l’abonnée de Wapiti (seuls les vrais savent) n’aurait pensé soigner des éléphants en Thaîlande. Jamais. Jamais la petite fille traumatisée par son accident de vélo, ne pensais faire des dizaines de kilomètre sous une chaleur moite pour aller voir un lagon bleu. Jamais. Et pas même l’adolescente, ou la jeune fille, pas le même le moi d’il y a 2 ans. Tout ça me semblait si fou, si irréel, si improbable, si infaisable. Et pourtant, en un an : 4 voyages en solo.

Alors je n’ai peut être pas suivi la voie toute faite que je m’étais créée, j’ai un peu chamboulée ma vie mais à croire que j’en avais juste besoin. J’avais juste besoin de réveiller la voyageuse en moi, d’écouter la voix qui m’appelait aux voyages mais aussi aux changements plus globaux dans ma vie.

Sois ton propre exemple, ta propre vision de qui tu veux être.  Le voyage m’a aidé à me révéler, à opérer des changements plus profonds qui impactent ma vie dans son ensemble. Je t’ai dis en partie ce que j’avais appris sur moi lors de mon voyage ici, et c’est plus que vrai. Alors si tu as envie de prendre ton sac, un billet et de sauter à l’aventure, alors le plus gros est fait.

Si j’ai pu le faire, tu peux le faire. Accroche tes baskets à ton sac et ton sourire à ton visage pour vivre cette expérience, qui marque une vie mais bien plus. Tu n’es pas la seule personne à avoir ces doutes, ne t’inquiète et prends ton courage à deux mains pour vivre ce doux rêve. 

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