« Tu es courageuse » cette phrase à ponctuer mes préparatifs, mon séjour et mon retour. À chaque fois que je parlais de mon projet, on était admiratif de ce que je me préparais à faire, comme si j’allais réaliser quelque chose d’extraordinaire. On m’a même féliciter pour mon parcours et mon envie de voyage… Tout ça m’a fait me poser des questions, est-ce vraiment du courage ? Suis-je vraiment courageuse ?

En envisageant de partir, je n’ai jamais vu la notion de courage dans tout ça. Juste une envie, un besoin presque viscéral de faire mon sac et de parcourir un peu la planète et en particulier « seule ». Certains on mis le mot de courage derrière ce projet, d’autre de folie et moi d’envie pure et simple. Même si je comprends cette réaction, je trouvais moi aussi avant de partir que les voyageurs solo étaient courageux de se lancer comme ça, sans filet, juste eux et leur envie de découvrir.

Et ce que je dis à tout le monde, c’est que si je l’ai fait, tout le monde peut le faire. Je dis bien tout le monde. Petit ou grand voyage, peureux ou pas, en fauteuil ou à pieds, à l’autre bout du monde ou dans ta région, avec 1 t-shirt ou la moitié de ta garde de robes. Si tu veux, tu te donnes les moyens et donc tu peux. Il faut juste avoir ce déclic, cette envie et que surtout tu l’écoutes (plus facile à dire qu’à faire je sais bien, j’ai été de l’autre côté de la barrière, tremblante à l’idée de la franchir, je te rassure). Parce que le voyage fait rêver beaucoup de monde, mais combien de personnes sautent vraiment ce pas vers l’inconnu ?

DSCN0228Parfois c’est cool de sortir de sa zone de confort non ? Je vous présente l’île aux lapins, au large de Kep au Cambodge

Il y a quelques années, partir en voyage (et même pas seule) pouvait me terrifier. Sortir de ma zone de confort était si difficile pour moi, je devais me faire violence et cela me mettait en panique. Je devais TOUT planifier, TOUT contrôler pour me sentir mieux et me délester un peu de mon stress. Mon manque de confiance en moi, ma timidité ressortait lors de ces moments où je ne connaissais ni les lieux, ni les gens. J’avais beau être excitée à l’idée de partir mon stress me gâchait une partie de mon plaisir (on passera le sujet des colonies de vacances ahaha).

Et puis, quand la décision de ce grand voyage s’est mise en place dans mon esprit, j’ai commencé aussi à tout planifier : à faire mon itinéraire jour par jour ou presque, à réserver mes logements plusieurs semaines en avance, à faire mes visas,… Et puis au bout de quelques semaines sur la route, j’ai lâché doucement du leste. Pour laisser le voyage se faire, au gré des rencontres, de mes envies, de mes attentes,… Et ce fut bon.

Je parle de mes déclics ici, de ce qui m’a poussé à entreprendre ce voyage que je trouvais un peu fou, et qui n’aurait pu être plus censé finalement. Je suis la première voyageuse de ma famille, qui ose prendre son sac à dos seule pour aller loin et longtemps. Toujours pas de courage pour moi, une envie de se prouver quelque chose à la rigueur.

Alors quand on me disais que j’étais courageuse de faire ce voyage, je répondais toujours que c’était faux, que j’étais juste une rêveuse qui avait juste décidé de tout mettre en oeuvre pour le réaliser. Je suis peut être plus têtue que certains, plutôt qu’une grande courageuse.

DSCN0584La magie de l’Indonésie et du Mont Bromo…

Ce voyage seule est surement ma plus grande fierté, parce que c’est MA réalisation. Je l’ai financé, planifié et vécu seule ou presque. Et je connais peu de gens autour de moi qui peuvent le dire. Mais pour moi, je ne suis pas une super héroïne, quelqu’un de sur-humain mais juste une grande rêveuse qui ne voulait pas passer à côté de l’un de ses rêves. Je suis une personne lambda, qui a ses peurs, ses doutes, ses tristesses mais une soif de découvrir plus forte qu’elle-même.

J’avais un avenir assuré après mon diplôme de fin d’études mais je savais que c’était maintenant ou jamais que je devais sauter ce pas. Parce que j’en avais besoin pour me rencontrer et devenir une meilleure version de moi-même.

Alors si je peux inciter certaines personnes à faire de même, à prendre cette décision, à réserver ce fameux billet qui changera un peu votre vision sur le monde, alors j’aurais tout gagné. Parce que ce genre d’aventures vaut le coup, elle rend les gens plus ouverts d’esprit, plus optimiste sur le monde et je pense que tout le monde en a besoin. Et si tu lis cet article, c’est que l’idée te tourne en tête depuis quelques temps et que tu cherches un déclic pour te lancer. Peut être que le déclic sera maintenant, peut être plus tard, mais ne fait pas taire cette envie pour des quelques raisons que se soit.

Ne te met pas en grand courageux(euse) parce que tu as parcouru un nombre de pays incalculable, soit un passeur de la beauté du monde. Soit humble devant tant de partages et d’humanisme. Soit fier(e), soit heureux(euse), soit inspirant(e).

Parce que dans plusieurs années, j’aurais toujours ces souvenirs et cette fierté d’avoir accompli ces voyages. Parce qu’ils m’ont formés et que pour ça, j’en serait toujours reconnaissante. Parce qu’ils m’ont changés à vie et m’aident à devenir l’adulte que je rêvais d’être il y a de ça quelques années. Et si un jour, je me conforte dans une sécurité financière, je repenserait à ce voyage presque initiatique que je viens de vivre.

Il n’est pour moi en aucun cas question de courage dans le voyage, mais question d’envie de vivre et de réaliser ses rêves. Pour moi ce fut les voyages, mais quel que soit ton rêve donne toi les moyens pour y arriver. Soit fier(e) de ce que tu as accompli, de ce que tu vas faire et garde surtout tes valeurs, où que tu poses ton backpack !

 

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