On va parler ici du sujet qui nous angoisse tous une fois que nous avons pris notre rythme sur la route. Ce moment où l’on fait son bagage pour la dernière fois, où la date du jour correspond à la date de son billet retour, où l’on monte dans ce fameux taxi vers l’aéroport le cœur lourd,… Oui, je te parle bien de ton retour après un long voyage.

Ce billet dont j’aurais aimé modifier la date, ces quelques jours de rab’ que je voulais si fort pour mieux me préparer à retrouver mon quotidien.

Parce que je te l’annonce : que tu envisages un long voyage, que tu sois sur le départ, que tu sois en plein vagabondage sur notre belle planète ou que tu rentres demain : le retour est dur, mais c’est un passage qui fait tout autant parti de ton voyage que ton départ. Alors au lieu d’en avoir peur, de le redouter, j’ai essayé d’en tirer le positif (je dis bien essayer).

giphy (1)

(Quand on me disait que je rentrais bientôt…)

Je crois que j’ai redouté ce moment autant que celui du départ. Je croisais sur la route des gens pour qui le retour était proche, et je me projetais. Toujours avec ce sentiment de tristesse, en leur souhaitant presque bon courage comme si ils allaient à une tâche totalement horrible (je trouve que l’on fait pire que de retrouver ses proches. Mais en voyage on n’est pas exactement dans cette philosophie, ou alors c’est juste moi qui suis très étrange).

La semaine avant mon retour, je savais au fond de moi que c’était la fin. Mon corps aussi le savait. Après 5 mois sur les routes, il commençait à m’envoyer des signes qu’il avait un peu besoin de repos (j’avais de belles crampes et des cernes à faire concurrence aux pandas). Je lui ai demandé de tenir encore un peu, pour profiter des derniers jours plus que tout le reste. Je sentais également mon mental était déjà dans mes valises, tout en voulant rester ici, un peu plus. J’étais coupé en deux et ce fut dur de rentrer comme ce fut dur de partir pour cette aventure. C’était un sentiment étrange, mais qui m’a permis de me rappeler tous les moments magiques et toutes les rencontres hors du commun que j’avais pu faire sur la route.

giphy (2)

(Allégorie de mon dernier backpack…)

Et puis la dernière nuit est arrivée, LE grand jour était là. Celui que je pensais si loin quand j’ai acheté mes billets, celui que je ne pensais jamais voir comme si il n’existait pas vraiment, entre rêves et réalités. J’ai versé toutes les larmes de mon corps ou presque en prenant ces avions (et même les jours d’avant je l’avoue). J’étais juste à fleur de peau, ne sachant même pas si j’aurais la force de rentrer dans le premier vol. Je me suis juste laissée porter, j’ai laissé le voyage se terminer comme je l’avais laissé débuter, sans trop y penser. Mais les nombreuses heures de trajet m’ont permis de me poser sur cette aventure qui se clôturait, sur ce que j’en retirais, de tout ce que j’avais eu le bonheur d’apprendre sur le monde mais surtout sur moi-même. Et bien que j’étais en pleurs, je savais que ce n’était que de la joie et de gratitude pures.

J’ai pleuré les rencontres, les partages, les temples visités, les fou rires, les couchers de soleil, les balades sans but, les trajets en van. J’ai pleuré cette page qui se tournait. Cette page dont tu mesures l’importance qu’elle aura dans ta vie. Cette page qui te marque au fer rouge. Celle dont tu vas soûler tout le monde vu que tu as enfin un auditoire pour toutes tes anecdotes.

Cet état d’esprit est presque indescriptible. Entre la joie intense de rentrer chez toi, de retrouver ta famille et tes amis (le fromage et le vin aussi, on ne va pas se mentir) et la tristesse de quitter tout cela. De quitter un rêve qu’on a mis en place et qu’on a vécu, comme on n’a rien vécu auparavant. Après cela, on a l’impression de ne vivre qu’à moitié en rentrant. La découverte et l’émerveillement permanent semble moins présent, il faut juste que tu le cherches un peu plus. On a l’impression que notre quotidien va être terne, que l’on va être trop en décalage avec notre entourage que tout sera si semblable alors que nous avons tant changer.

giphy (3)

(« Ça va depuis ton retour ?… »)

Je te rassure, tu te sentiras forcément un peu en décalage (je ne parle pas que du jet lag) avec les gens que tu vas retrouver. C’est plus que normal, tu as grandie et mûrie en quelques mois, plus que certains en plusieurs années. Tu vas revenir avec des valeurs différentes et une vision nouvelle sur ton quotidien mais aussi sur toi même. Alors oui, il m’a fallu 2 semaines pour arrêter de calculer tout le temps l’heure qu’il est au Vietnam, pour arrêter de dire « non mais au Laos, j’ai fait ça… », pour ranger vraiment mon backpack, pour arrêter de regarder encore et encore des photos que j’ai faites la bas, pour me réintégrer doucement à mon quotidien en somme (même si écrire des articles sur mon voyage est un vrai plaisir et me replonge un peu là dedans). Je peux en parler maintenant sans nostalgie, sans avoir la voix qui se casse ou les yeux qui s’emplissent de larmes. Juste en étant reconnaissante et heureuse.

Alors au lieu de pleurer sur mon retour, je souris de cette expérience si riche et si intense. Bien sûr quand je vois des photos de voyages, à l’autre bout du monde, je suis envieuse. Je traîne régulièrement sur les comparateurs de billets d’avion (ou de bus ou de trains ou de tout autre moyen de locomotion) parce que l’excitation du voyage est sans comparaison pour moi. Mais je suis aussi heureuse d’avoir retrouver mon petit Paris, ses cafés, mes amis, ma garde robes et la bouffe française.

giphy (4)

(Quand on m’a proposé un « petit » verre de vin à mon retour)

Tout n’est pas noir quand on rentre, je te le promet.

Et puis je sais que j’aurais d’autres occasions de voyages, de rencontres et de découvertes. Je sais aussi que je vais pouvoir faire de ce voyage une force, une richesse et un puits d’anecdotes sans fond (mes potes sont hyper contents…ou pas).

Et toi ton retour ? Tu as hâte ? Tu as peur ? Tu as su comment le gérer ?

Publicités