Cet artiste contemporain avait soit disant tiré sa révérence dans le monde de l’art, c’est bien mal connaître Maurizio Cattelan et son cynisme légendaire. Toilettes en or massif, statut d’Hitler, reproduction d’enfants morts pendus dans des arbres ; il ose tout créant régulièrement la polémique. Mais c’est lui que la monnaie de Paris à fait entrer dans ses murs pour une rétrospective d’une vingtaine œuvres marquantes et choisies par Maurizio Cattelan lui même.

On est accueillie dans cet écrin (oui le lieu est magnifique, c’est un fait) par un cheval suspendu au plafond de l’entrée d’honneur (le même que celui mis en avant au Musée Guggenheim) et d’une femme dans une boite bien énigmatique. On pousse doucement la porte de l’univers de l’artiste… Près pour ce voyage ?

 

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Maurizio Cattelan est un artiste italien que l’on peut qualifier de controversé dans le monde de l’art. Il aime surprendre (voire choquer) mais il ne se considère néanmoins pas comme artiste mais plutôt comme quelqu’un de curieux. Parce qu’au delà de ses œuvres polémiques, ce dernier joue avec les codes, les attentes de l’art contemporain et nos propres règles. Il fuit les médias, allant jusqu’à engager un sosie pour les interviews (comme le faisait Andy Warhol) , souhaitant contrôler tous les aspects de son image (il joue d’ailleurs énormément avec celle-ci comme le montre de nombreuses oeuvres le représentant).

De lui, j’avais étudié Le petit Hitler agenouillé, dont le vrait titre est « Him » ainsi que la sculpture du Pape Jean Paul II frappé par une météorite (La Nona Ora pour les intimes). Les voir en vrai, dans les salles majestueuses de la Monnaie de Paris, donne une autre persception à ces pièces. On est tour à tour surpris, amusé, interpellé, pris à parti, chamboulé et on ne ressort pas exactement pareil de cette exposition.

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Les explications ne sont pas faites par les commissaires de l’exposition mais par des invités choisis par Maurizio Cattelan lui-même, et mettent en avant leur point de vue sur l’oeuvre, leur interprétation et se l’approprie d’une manière moins didactique pour les visiteurs. J’ai ris en voyant le couple de chiens qui a adopté un poussin (même si on se doute que ça ne va pas être facile pour se dernier de vivre dans une famille comme celle la, qu’il risque d’être moqué à l’école). Maurizio Cattelan joue avec les codes de l’art, le prouve son œuvre le montrant surgir par le parquet dans le musée. Il met en scène son arrivée non attendue, un peu comme un voleur, dans le monde de l’art contemporain. Et finalement, on se prend au jeu avec lui.

Certaines oeuvres ont été de vrais coups de coeur. J’ai beaucoup aimé cette exposition, avec certes un nombre restreint d’oeuvres, mais où le  temps semble s’arrêter afin de nous laissez rencontrer l’Oeuvre de l’artiste. On se rit de nous et du monde de l’art, mais avec une certaine bienveillance et l’âme d’enfant qui caractérise Maurizio Cattelan. Des sujets tels que la pauvreté, l’immigration ou la seconde guerre mondiale sont abordés, donnant plusieurs dimensions à l’exposition. Il faut biensur aimer le second degré et la controverse, mais on est enchanté, entouré de ces sculptures plus que réalistes. On y retrouve l’essence de l’artiste et cela permet d’embrasser ces grands thèmes au travers de cette exposition.

De ce Hitler en culotte courte on ressent de la compassion avant de se rendre compte du personnage mis en avant. La stature d’un des plus grands dictateur de tous les temps est décrédibisé, rendu à l’état d’un enfant. On tente de saisir son humanité, en vain au travers de ces yeux, en espérant qu’il soit en train de demander pardon pour ses actes. Cette statue fut installée durant plusieurs mois dans le ghetto de Varsovie, et est inspirée de la facination morbide qu’avait Maurizio Cattelan pour les histoires que lui comptait son grand père, rescapé des camps de la mort. Il tente de parler de la face caché des gens, de ce qu’on ne peut voir de prime abord. Cette œuvre est protégée au sein même du musée, peut être pour éviter une dégradation. Cattelan joue avec la controverse et les codes pour défendre son art, plus vivant que jamais malgré sa soi disant retraite. Foncez à cette exposition qui se tient jusqu’au 8 janvier à la Monnaie de Paris.

Pour aller plus loin:

https://www.youtube.com/watch?v=PwS8x4vnD3M

http://info.arte.tv/fr/maurizio-cattelan-not-afraid-love

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