Article écrit à chaud, à la sortie de la salle de ciné

De Cézanne, je connais les vues de la Sainte-Victoire, la chaleur de la provence de mon enfance, les natures mortes, ces touches de couleurs vivantes, sa bourgeoisie dont il a cherché à se défaire…

De Zola, je connais les titres de ces œuvres dont je me suis plongée plus jeune pour les lectures obligatoires, son célèbre « J’accuse », ses portraits faits par des peintres (Manet), ses articles pour les défendre,..

Dans ce film « Cézanne et moi« , c’est le lien d’amitié très fort entre Paul Cézanne, peintre du sud au caractère sanguin et Emile Zola, écrivain de génie qui est dépeint. Ils se sont connus dès l’enfance, et ne sont que peu quittés, se perdant de vue mais se retrouvant toujours, à Paris ou en provence. 

Le film fonctionne par épisode de la vie en commun des artistes, racontant à demi-mot leur vie, leurs amours, l’avancement de leurs projets respectifs, mais aussi la politique actuelle, tout en rencontrant les grands artistes de cette période (de Guy de Maupassant à Manet ou encore Berthe Morisot).

On les voit travailler, chercher pour leur art respectif, on voit aussi le refus à l’Académie pour l’un ou au Salon pour l’autre, leurs femmes, leurs enfants, on y voit tout ou presque de leur vie, rentrant dans l’intimité de leur amitié.

J’ai aimé voir la complicité de ces deux artistes, leur bataille personnelle, comprendre leurs liens, comment leur amitié s’est créée, les inspirations mutuelles, le perfectionnement de leur art, leur bataille pour être reconnus dans leur domaine,..

Guillaume Galienne de la Comédie Française en Cézanne avec l’accent du sud, ça n’a pas pris avec moi.. bien que la fougue du peintre, ses excès de colères, son caractère tempétueux soient bien rendus. L’accent faussement chantant du sud a mis une distance entre moi et ce personnage que je n’ai su dépasser durant le film.

Guillaume Canet est bien plus réaliste en Zola, auquel on s’attache selon moi plus facilement.

La beauté du sud est retranscrit comme il se doit, les couleurs spécifiques de la provence, de ses carrières rouges, de ses pins, de son soleil tapant. On a envie de se plonger dans la rivière une après midi d’été, et de prendre le soleil en lisant « l’Oeuvre » de Zola (livre qui déchira les deux amis de manière définitive. Cézanne y voyant une description peu glorieuse de sa vie, de son Oeuvre dépeinte par son ami d’enfance aux yeux de tous).

Néanmoins, je sais qu’en allant au musée, si au détour d’une salle, je croise une toile de Cézanne, je reverrait cette fougue, cette vie dédiée à la peinture en Provence, à sa Sainte Victoire et peut être un peu de l’âme de Zola planer autour. 

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Mont Sainte-Victoire, 1906, Paul Cézanne. Ce fut un des modèles de prédilection du peintre, l’emblème de son Art ! 

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