Un livre qui me faisait de l’œil depuis quelques années, que j’ai croisé plusieurs fois au cours de mes visites dans les librairies (moi et ma passion des librairies, une grande histoire). C’est un article de Diglee qui m’a décidé, il y a de ça quelques temps à acheter cet ouvrage. De Berthe Morisot, je ne connaissais que quelques toiles présentes au Musée d’Orsay autour de la maternité principalement, avec des touches légères et douces ; une place de seule femme (ou presque) au sein du cercle des impressionnistes ainsi qu’une relation proche avec Edouard Manet.

 

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Berthe pose ici pour Manet (à gauche) dans Le Balcon, entre 1868 et 1869.

 

J’ai décidé d’acheter ce livre et de l’emporter lors de mes vacances (mon mini tour d’Europe comme j’aime l’appeler, mais ça c’est une autre histoire), pour profiter de ce parcours surprenant de cette femme et de la découvrir (j’ai finalement préféré dormir durant ce voyage, mais j’ai lu le livre après, promis).

J’ai toujours aimé la douceur des toiles de Berthe, les thèmes différents mais complémentaires qu’elle a pu aborder par rapport à ses camarades peintres ainsi que la touche féminine qu’elle représentait dans ce groupe d’artistes. Avant d’ouvrir ce livre, elle représentait pour moi une des grandes femmes de l’art et ce livre m’a confirmé mon idée.

« Ses toiles sont les seules toiles peintes par une femme qu’on ne pourrait détruire sans laisser un blanc, un hiatus dans l’histoire de l’art » George Moore, poète irlandais après la mort de Berthe et d’une exposition posthume créé pour les 1 ans de sa mort par sa fille et ses amis impressionnistes. 

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Portrait de Berthe Morisot par Nadar en 1875

     Au cours des pages, j’ai pu apprendre plus sur cette femme, née dans une famille aisée, dont les parents l’ont poussé à s’intéresser à l’art (sa mère l’a regretté en se rendant compte qu’il ne s’agissait pas seulement d’un passe-temps pour sa fille). Berthe a développé son style en décalage de l’apprentissage que l’on pouvait alors donner en matière d’art à cette époque, se rattachant à des artistes aux styles novateurs : Monet, Renoir, Pissarro, Fantin-Latour, Puvis de Chavanne ou encore Degas (quelques noms vous sont familiers non ? ) et en étant fidèles à ses amis qui deviendront pour la plupart des sources d’inspirations.

 

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Oeuvre qui s’inscrit dans le style de Berthe. Empreint de douceur et calme dans la nature. Chasse aux papillons, Berthe Morisot, en 1874. 

     On y voit une femme libre, indépendante et forte, qui travaille sans cesse pour développer son art que ce soit dans les salons officiels ou dans les expositions des impressionnistes par la suite, travaillant sans relâches, luttant contre les attentes de ses parents pour se dévouer à son art. Être une femme artiste à l’époque était un défi. Combien de femmes artistes de cette époque pouvons-nous citer ? Très peu, cantonner au rôle de femme d’artistes, de muses, de modèles ou de peintres du dimanche, les femmes ont mis très longtemps avant d’avoir une vraie place dans l’Art.

J’ai aimé découvrir cette artiste, cette époque, ses inspirations, ses envies et son cheminement artistique. Bien qu’utile, la restitution ainsi que la présentation du cercle qui l’entoure fut, pour moi, un trop grande partie du livre. Trop de descriptions sur la vie de ses amis et d’anecdotes qui ne m’ont pas forcément permis d’en apprendre plus sur le personnage de Berthe Morisot. On ne peut nier le travail de recherches de Dominique Bona, la mise en avant des échanges épistolaires de l’artiste avec sa sœur, de la présentation des carnets qui révèlent une autre façade du personnage.

J’ai été fascinée par son audace, sa dévotion à son art, son amour pour sa fille Julie, son envie de se battre pour être connue et reconnue mais surtout pour défendre le travail de son ami/mentor, Edouard Manet. On ne sait réellement quelle relation a pu les lier mais le livre permet de se figurer leur rencontre, dans une salle du Louvre et on s’y croirait presque.

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Dernier portrait de Berthe Morisot peint par Edouard Manet. On l’a voit portant sa bague, après son mariage avec Eugène Manet, le frère du peintre. (Portrait de Berthe Morisot à l’éventail, Manet, 1874)

 

En résumé, si vous aimez l’impressionnisme et que vous voulez apprendre plus sur ce personnage mystérieux mais non moins fascinant qu’est Berthe Morisot alors lisez ce livre ! Et moi je retourne bientôt à Orsay avec l’ouvrage en main pour communier un peu devant les toiles de Berthe que je regarderais d’un œil nouveau.

(Photo de couverture, Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872, Edouard Manet)

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