L’art contemporain, ce monde merveilleux fait de toiles monochromes, de performances excentriques (sexe, nudité ou encore violence, comme un mec qui fait tirer dessus) ou de sculptures étranges.

gri_2006_m_8_b8_f9_326999ds_d

Oui, ceci est une performance. Oui, l’artiste s’est fait tirer dessus par un ami. Oui, je l’ai étudié à la fac en histoire de l’art. D’autres questions ? (Shoot performance at F-Space Gallery in Santa Ana, California, 1971, Chris Burden)

Alors oui, j’aime ce monde, j’aime voir des œuvres que je ne comprends pas toujours, où je trouve que l’interprétation est tirée par les cheveux et où je me fais moi-même mon propre univers autour de la pièce. Mais je me sens parfois un peu seule, dans mon entourage, à aimer ce genre de choses et il m’est parfois difficile de trouver un compagnon de visite d’expositions (à bon entendeur).

On me regarde avec de grands yeux quand je dis que je me sens bien dans un musée, que Pompidou nous accueille à bras ouverts ou encore qu’auparavant j’allais au Louvre toutes les semaines ou presque. C’est là que je me dis que je passe pour une snob, et ça ce n’est pas lié à moi (enfin pas que) mais au monde de l’art ainsi que de l’image que ce milieu renvoi.

[à lire : Arrêtons de mentir, je n’ai jamais rien pigé à l’art]

Mais d’un autre côté, on me parle de snobisme, de monde fermé et trop intellectualisé. C’est vrai et faux en même temps. Certes, on a en tête le fait que pour comprendre une toile blanche, il faut connaître l’histoire de l’art, le vécu de l’artiste, sa démarche personnelle, on encore le mouvement auquel il appartient. On comprend mieux une toile en connaissant son auteur, c’est un fait. Mais est-ce qu’on ne pourrait pas juste trouver une toile/œuvre belle parce que c’est comme ça ? Est-ce qu’il est bon de trop intellectualiser l’art ?

image

Parfois, il vaut mieux connaître l’artiste pour comprendre quelque chose…. je n’ai pas tout saisi en allant voir cette exposition à Pompidou, mais est-ce un drame ? (Mona Hatoum)

La hiérarchie des pratiques culturelles

Ce terme, repris d’un article que j’ai lu sur Madmoizelle.com, reflète un état d’esprit plus général. Socialement parlant, il est mieux vu de passer son week-end à arpenter les allées du Louvre, que de rester sous la couette à dévorer les épisodes de série (Parks & Recreation, je t’aime, tout comme j’aime Picasso aussi).

Et si on arrêtait avec ces conventions sociales ? Et si on se disait que chacun faisait ce qu’il voulait ? Et si on trouvait ça cool de se faire des sorties au musée ? Parce que pour moi, l’art me remplit, me touche, mais m’interloque également, et me permet de réfléchir par exemple.

Mais cette hiérarchie culturelle existe depuis que l’art existe ou presque, on nommait ça la hiérarchie des genres. L’architecture était plus respectée que la musique qui est moins tangible, le style du portrait était plus reconnu que la nature morte par exemple. Hegel en parlait dans ses textes, on le vit encore aujourd’hui dans notre quotidien.

BertheMorisot-The-Cradle-1872

Et puis il faut l’avouer, être une femme n’aidait pas forcément à se faire sa place… (Berthe Morisot)

Alors on peut aimer l’art contemporain, idolâtrer Picasso et aimer les émissions peu culturelles (non mais The Island, ils lâchent des gens sur une île déserte sans eau, sans nourriture sans rien, faisant presque passer Koh Lanta pour un camp de vacances..), regarder des séries ou encore lire des romans de gare. Mais laissons les gens et soyons bienveillants parfois, c’est mieux non ? (je suis team bisounours un peu en ce moment).

Et vous, il y a des pratiques sociales qui vous poussent à bout ? On en parle ensemble ?

Publicités